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Claude Picher (La Presse)
Immigrants et diplômes (Publié le 29 juin 2011)

S‘il est un sujet qui refait régulièrement surface dans l‘actualité, c‘est bien la place des immigrants instruits sur le marché du travail. Encore samedi dernier, dans les pages Forum de La Presse, quatre diplômées immigrantes faisaient part de leurs frustrations: «Nous nous sommes résignées à chercher un emploi qui ne correspond pas à nos compétences», écrivent-elles. «De guerre lasse, nous avons demandé l‘assistance-emploi. Nous, avocates, professeures, médecins, découragées, seules à la maison, nous avons l‘impression d‘avoir perdu une partie de notre identité; nous vivons une perte d‘estime et de l‘angoisse vis-à-vis de l‘avenir, nous nous sentons inutiles et à la charge de la société québécoise.»

Le témoignage est bouleversant, en effet. À quoi cela sert-il d‘attirer des jeunes diplômés par milliers si c‘est pour les laisser poireauter à l‘assurance-emploi?

Or, voici qu‘une toute nouvelle étude d‘Anne-Marie Rollin, de la Division de l‘analyse économique de Statistique Canada, vient démontrer que les immigrants instruits qui décident de poursuivre leurs études postsecondaires au Canada sont largement récompensés. Il s‘agit d‘une étude portant sur les immigrants âgés de 25 à 44 ans, possédant au moins 10 années de scolarité, et qui se sont installés au Canada en 1998 et 1999. La recherche s‘étend sur une période de huit ans (donc, jusqu‘en 2007) et couvre 108 000 personnes. Les résultats, hautement intéressants, viennent de paraître dans L‘emploi et le revenu en perspective, une publication spécialisée de Statistique Canada.

Le document compare deux situations: celle des immigrants qui ont intégré le marché du travail sans poursuivre d‘études postsecondaires au Canada, et celle des immigrants qui ont décidé d‘obtenir un diplôme d‘une institution canadienne.

On peut comprendre ce qui pousse un immigrant, même diplômé, à investir temps et argent, parfois même à s‘endetter, afin de poursuivre des études au Canada. Il n‘est pas facile, pour un immigrant récent, d‘intégrer le marché du travail. L‘étude cite les obstacles les plus courants: reconnaissance nulle ou partielle de l‘expérience et des diplômes acquis à l‘étranger, manque d‘expérience locale, barrière linguistique, faiblesse des réseaux sociaux, différence dans la qualité de l‘éducation selon le pays d‘origine.

Voyons d'abord la situation des femmes immigrantes qui ne poursuivent pas d'études postsecondaires une fois installées au Canada. Au bout de huit ans, seulement 48% d'entre elles toucheront un revenu d'emploi. Mais chez celles qui suivent la voie plus difficile d'un retour aux études, ce pourcentage grimpe à 72%. Chez les hommes, les proportions correspondantes sont 67% et 90%. Ce sont des chiffres qui parlent d'eux-mêmes: le marché du travail est beaucoup plus accessible pour ceux qui poursuivent leurs études une fois installés au Canada.

La distinction entre les hommes et les femmes est importante: chez les immigrants, il y a trois fois plus d'hommes que de femmes dans la catégorie des travailleurs qualifiés. Parce qu'elles partent de plus loin, les jeunes immigrantes, surtout si elles poursuivent des études au Canada, ont proportionnellement beaucoup plus de chances d'améliorer leur situation, comme on le verra plus loin.

Non seulement les immigrants qui acceptent de retourner aux études ont-ils de bien meilleures chances d'intégrer le marché du travail, mais ils occuperont aussi de bien meilleurs emplois.

Voici sans doute un des aspects les plus spectaculaires de la recherche.

Prenons le cas d'une jeune immigrante qui a fait certaines études (secondaires ou collégiales), mais n'a pas atteint l'université, et qui trouve un emploi dès la première année de son arrivée. En moyenne, au bout de huit ans, au fil des augmentations salariales et des promotions, son revenu d'emploi aura grimpé de 59%, ou environ 6% par année, ce qui est très bien. Mais si la même personne entreprend de poursuivre des études postsecondaires ou universitaires dès la deuxième année suivant son arrivée, son revenu d'emploi, toujours au bout de huit ans, bondira de 147%. Chez les hommes, les proportions correspondantes sont de 42% et 82%.

En ce qui concerne les diplômes obtenus à l'étranger, les chiffres sont éloquents. Ainsi, une jeune immigrante qui arrive au Canada avec un diplôme universitaire de son pays d'origine, et qui intègre rapidement le marché du travail, verra ses revenus d'emploi augmenter de 62% au bout de huit ans. Mais si elle décide de retourner aux études, son revenu bondira de 136%, plus du double. Chez les hommes diplômés, les chiffres correspondants sont de 56% et 91%.

On l'a vu, de nombreux obstacles viennent compliquer la vie de l'immigrant qui cherche à se tailler une bonne place sur le marché du travail, dans un domaine qui correspond à ses compétences. Mais pour ceux qui ont la persévérance et la ténacité de poursuivre leurs études une fois installés dans leur pays d'accueil, l'obtention d'un diplôme canadien vient en grande partie aplanir ces obstacles.

Source : La Presse

   

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