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Benoit Gendron
On a souvent l'impression que les accidents et les accidents de travail par surcroît, «n'arrivent qu'aux autres»! vous qui êtes étudiants, donc pour la plupart jeunes, adoptez en bloc cette croyance. Attention! les chiffres que rend publique la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST) démontrent que les jeunes ne sont pas à l'abri des blessures au travail. En effet, si on se réfère à leurs statistiques, chaque année, c'est plus de 24 000 jeunes de 24 ans ou moins qui sont victimes d'un accident de travail. Et si on vous disait qu'en moyenne au Québec, plus de 15 jeunes de ce même groupe d'âge perdent la vie dans l'exercice de leur fonction annuellement... L'enjeu n'est pas de chercher qui est à blâmer pour ces accidents mais bien comment on peut tenter d'en réduire le nombre.
Certes, le manque d'expérience et les boulots parfois répétitifs sont des facteurs qui expliquent le nombre considérable d'accidents chez les jeunes. Toutefois, le statut d'emploi temporaire voire précaire des jeunes qui en sont à leurs premières expériences sur le marché du travail ne peut-il pas représenter à lui seul un facteur à prendre en considération? de peur d'être congédié ou tout simplement réprimandé pour avoir identifié une situation dangereuse ou refusé d'exécuter une tâche périlleuse, les jeunes travailleurs consentent-ils parfois à prendre certains risques? si tel est le cas, voici ce que vous devez savoir!
Droits et responsabilités en terme de sécurité au travail. Travailleurs et employeurs doivent travailler de concert afin qu'un climat de sécurité règne en milieu de travail. En tant qu'employé, peu importe que vous soyez à temps partiel ou à temps plein, permanent ou temporaire, vous avez des droits. Oui, vous avez le droit de refuser de faire un travail que vous jugez risqué et ce, sans craindre de perdre votre emploi. Toutefois, les droits impliquent aussi des responsabilités envers votre employeur et les autres employés. Ceci est vrai pour les deux partis en présence.
Il est donc légitime pour un travailleur d'exiger de son employeur un environnement qui respecte les conditions lui permettant d'exécuter son travail en toute quiétude. Il doit alors s'engager à respecter les conditions imposées par son employeur. Que ce soit par le fait de porter les équipements identifiés comme étant nécessaires, de suivre les règles de sécurité établies par l'employeur ou même de signaler les dangers potentiels sur le lieu de travail, l'employé doit éviter de mettre en danger sa vie et celle de ses collègues.
L'employeur a pour sa part, la responsabilité de tout mettre en place afin de protéger la vie de ses travailleurs. Plusieurs mesures doivent être prises par ce dernier pour y arriver. Avant tout, les lieux doivent être aménagés de façon sécuritaire et l'employeur doit vous fournir l'équipement de sécurité obligatoire. Confronté à une jeune main-d'oeuvre, l'employeur doit tout d'abord s'assurer que vous ayez la formation nécessaire pour exécuter le travail. Ensuite, il a le devoir de vous informer sur les risques du travail et, vue votre peu d'expérience, vous apporter une attention particulière.
En cas de mésentente
Dans l'éventualité d'un désaccord ou d'une divergence d'opinion entre vous et votre employeur en ce qui a trait à une situation que vous évaluez, «pour des motifs raisonnables» comme étant dangereuse, vous avez le droit de refuser d'exécuter votre tâche. Si les conditions dans lesquelles vous effectuez votre travail sont bel et bien dangereuses, il devra rectifier la situation ou faire appel à un représentant à la prévention pour évaluer la situation.
Comment puis-je savoir si je suis couvert? Peu importe de nombre d'heures que vous faites, vous êtes assuré par la CSST. Toutefois, vous devez recevoir un salaire d'un employeur. En d'autres termes, si vous faites ce qu'on appelle communément des «menus travaux» (tonte de pelouse, désherbage, etc.) pour un parent ou voisin et pour lesquels vous recevez une rétribution en argent comptant, vous n'êtes pas couvert. Combien ça coûte d'être assuré? il ne vous en coûte rien. Les cotisations à la CSST sont défrayées par l'employeur en proportion de la masse salariale qu'il déclare à chaque année. Et que se passe-t-il si votre employeur ne paie pas ses cotisations? soyez tranquille, vous êtes tout de même couvert.
Qu'en est-il des stages non rémunérés en entreprise? suis-je couvert malgré que je ne reçoive pas de salaire? encore une fois, vous êtes couvert. La CSST considère dans un tel cas de figure que votre employeur est l'établissement d'enseignement où vous faites vos études. Puisque l'établissement ou la commission scolaire est responsable de votre stage, il fait office d'employeur aux yeux de la CSST.
Bref, lorsqu'il est question de sécurité, que vous soyez couvert par la CSST ou non, le mot d'ordre est la prudence. Soyez à l'affût des situations dangereuses et n'escamotez pas les procédures sécuritaires dans vos gestes de tous les jours. Vous pourriez trouver cher le prix de la paresse. Si vous désirez en savoir plus sur la sécurité au travail, vous pouvez venir nous consulter et il nous fera plaisir de vous référer aux ressources compétentes. Vous pouvez aussi consulter le site web de la CSST au www.csst.qc.ca.
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